pour des aventures spontanées à vélo

Nouveau monde

« Les heures passent et le premier moment de se restaurer est venu -un supermarché se trouve justement là, au coin de la rue, je tente le coup- reste à savoir quoi choisir, ou du moins comprendre pour ne pas se retrouver avec un dessert en guise de plat et un légume pour le dessert. Un pas dans le commerce et tout bascule, me voilà comme Alice aux pays des merveilles, en pleine admiration pour ces emballages aux idéogrammes aussi esthétiques qu’incompréhensibles, un feu d’artifice en bouche assuré. Je ne rêve plus j’y suis, cette aventure sera assurément des plus intéressantes. Quelle joie d’avancer sans savoir, d’apprendre de son environnement en se laissant porter – Isamu m’interpelle, au dessus de ma tête, un singe se balance et me regarde – 
Je ne suis pas aux pièces dans mes voyages, je laisse le temps faire. Il m’arrive fréquemment de rester plusieurs instants simplement à regarder et analyser cet inconnu, j’apprécie d’autant plus l’après. »

Les choses simples sont pour moi les meilleures

« Je suis là, assis sur ma selle, le regard fixe comme hypnotisé par ce paysage qui semblait figer le temps, le vent froid et violent gifle mon visage et me rappelle à quel point je suis vivant, je me laisse aller à la rêverie, je tente de vivre pleinement ce moment que cette île m’offre généreusement. »

Un deuxième souffle

« Il est 2h30 du matin. Se sentir seul est parfois prenant, lorsque dans un univers aussi austère qu’impressionnant, plus personne ne semble exister, on évolue dans un monde de silence, on a l’impression d’être seul au monde, avec comme seuls compagnons, les éléments, la faune et son esprit. »

Elle est extraordinaire

« j’ai vu tellement de couleurs, de textures. Ici à vélo on ne se lasse jamais – un champs de lave, des montagnes verdoyantes, une piste gravier qui vous accroche au sol, un goudron qui donne envie de dérouler les kilomètres, trois moutons ici, des chevaux par là, au loin la pluie – j’ai passé mes journées le nez en l’air à observer, poser mes yeux sur chaque recoin de nature, à scruter l’océan en attendant le dos d’une baleine, à rouler au rythme des oiseaux. »

Un amour de vélo

« Cette sensation d’être seul, durant des heures, des jours, à sentir son corps fatigué de la journée passée – le moment ou tout devient difficile, porter son vélo, le tirer, faire l’effort de pédaler pour ce petit raidard les jambes totalement absentes, observer sa faible réserve d’eau restante – est parfois un vrai bonheur. […] Sans cesse découvrir, aller au bout de soi, s’émerveiller et s’endormir le soir en ayant l’impression de ne pas avoir chômé au risque d’avoir les jambes si lourdes et fatiguées qu’une fois allongé, il faudra attendre le lendemain matin pour remettre ça. »

 Parenthèse

« Après les premiers tours de roues, la pluie devient très vite un vrai moteur. Elle n’est alors qu’accessoire et plonge dans un univers imperceptible, il s’agit là de sensations pures, d’émotions, mes perceptions changent, – arrêté là, en sous bois, le claquement des goûtes sur mon casque m’apaisent et me donnent à sentir le moment – le temps s’arrête, vous découvrez un autre lieu. Cette forêt et cette route prennent alors une autre dimension, ils sont comme transformés et deviennent simple magie. Les couleurs sont vives et saturées, les rayons chauds du soleil laissent alors jaillir une vapeur légère et peu perceptible du sol, elle semble venir d’ailleurs. […] Juste là, un sifflotement d’oiseau donne une formidable sensation de vie et de renouveau,  après l’orage, je sent cet environnement se réveiller comme au levé du soleil. »