23 avril 2015 – Katmandou

Ce matin, Alex vient me chercher pour rouler dans la vallée, je me lève trop tard, ils partirons sans moi. Aujourd’hui, le 23 avril 2015 je ferais quelques images dans le centre ville de Katmandou.
Les minutes passent, assis sur les marches devant l’entrée du salon. J’attends julien qui ne devrait pas tarder.
Une fraction de seconde et ma tête se brouille, tourne, perd l’équilibre, un seul réflexe me vient à l’esprit courir et fuir, quelques choses de grave arrive. Je cours en essayant de ne pas tomber, mon corps heurte quelques chose de dur, je tombe, me relève et trébuche de nouveau, je ne tiens plus debout. Réfugier sur un parking je me tiens effrayé a un véhicule qui tangue et glisse sur le sol, j’ai peur de cet inconnu, la nature semble nous contrôler.
C’est un tremblement de terre, ça ne fait aucun doute, ça ne s’arrête pas de trembler, de la poussière épaisse surgit, quelque chose vient de s’effondrer. je balaye du regard autour de moi, je vois la terreur dans les regards, certaines personnes sautent des fenêtres pour s’échapper, le bâtiment tant à s’effondrer, les gens courent effrayés. Mon cœur bat fort, je n’ai jamais ressenti une telle peur. Rien est fini. Je réalise que sous mes pieds le goudron se fissure et la terre s’effondre par endroit, il s’agit d’un parking sous terrain. je peux alors à tout moment passer au travers si celui-ci. Après de longues secondes, les secousses semblent cesser. Je cherche Julien, est-il sorti du bâtiment ? Ou est il ? Lui est il arrivé quelques chose de grave ? L’idée de rentrer seul m’effleure l’esprit, cette vision d’horreur me terrifie et m’angoisse. Quelques minutes passent et par miracle je l’aperçois, nous nous retrouvons et faisons le point sur la situation. Nous ne savons pas quoi faire, une aire de stade se trouve a plusieurs centaines de mètres, parcourir les rues paraît très risqué. D’autres secousses se font sentir, très violente de nouveau, je pense maintenant a la mort, impossible d’évaluer cette force qui nous paralyse, on ne peux que subir cette situation, dramatiquement. Plus tard, les tensions se posent enfin un peu, pour évacuer le stress énorme, un peu fataliste nous nous dirigeons vers cette aire de refuge.
On avance, et découvrons les rues dévastées, les murs effondrées. Nous tombons sur une foule immense, toute la ville semble regroupées ici au centre des avenues et sur la parc. Des hélicoptères de l’armée tournent dans le ciel, les militaires circulent à toutes vitesses, sirène de police, ambulance, pompier, une panique et peur générale règne, un drame s’est produit, le bilan est très lourd, les premiers morts se dénombrent presque immédiatement. L’armée a ouvert à la ville son terrain, mis en place des premiers secours, de l’eau. Il est immense et des milliers de personnes sont ici, à attendre paniqués. D’autres secousses plus légère se font sentir. Il faut rentrer vers l’ hôtel en traversant la ville à pied, nous voulons au plus vite retrouver nos amis Népalais.

C’est très émouvant, sur le parcours, des temples visités la veille où jouaient des singes sont réduit au tas de briques et de bois, les fenêtres des bâtiments sont brisées, les immeubles éventrés par des fissures béantes… Ce spectacle me laisse sans voix, cette population a perdu beaucoup de choses, un patrimoine immense, un toit, du temps, des milliers de vies humaines.
J’apprends que la magnitude était de 7,9 sur l’échelle de Richter, et que ça faisait 80 ans qu’un tel tremblement de terre avait eu lieu.
Les rumeurs circulent que les murs du zoo sont tombés, ce soir les ours et 3 tigres seraient en liberté dans le quartier.

Désormais la ville est plongée dans le noir, sans électricité, seules des batteries de secours font tourner les plus chanceux.
L’hôtel retrouvé avec l’équipe d’épic Mountainbike, les autorités et spécialistes demandent a dormir dehors, et de faire attention, des voleurs pillent les maisons et temples et les tremblements forts peuvent durer jusqu’à 72heures. Dans le jardin de l’hôtel, un bivouac de fortune avec quelques tentes et bâches se monte pour passer les prochaines nuits tous ensemble. La nuit va être longue je ne sais pas si je vais dormir, même si le calme est pour l’instant revenu.

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